Un vol et un hôtel vendus ensemble pour Santorin, sous l’étiquette « all inclusive », ne forment pas un produit standardisé. L’étiquette est fixée par l’hôtelier, pas par une norme.
Ce que la vente conjointe change, en revanche, relève du droit : elle fait généralement basculer l’achat dans le régime du forfait touristique, qui attache au contrat des obligations précises. C’est le seul élément de la « formule » qui soit défini par un texte, et c’est celui que les pages de destination passent le plus souvent sous silence.
Cette page réunit ce qui est vérifiable auprès d’un émetteur : le régime juridique du forfait, la desserte aérienne réelle de l’île mois par mois, l’épisode sismique de février 2025 et son extinction, et la contrainte géographique qui décide du lieu de séjour. Elle ne cite aucun prix, aucune compagnie recommandée et aucun hôtel.
« All inclusive » : une étiquette commerciale, pas un label
Le droit européen des voyages à forfait, qui encadre pourtant précisément la vente conjointe d’un vol et d’un hébergement, ne définit à aucun endroit ce qu’un « tout compris » doit contenir. Il n’en traite que comme d’une dénomination commerciale (voir la section suivante). Le périmètre concret — quels repas, quelles boissons, à quelles heures, dans quels points de vente, avec ou sans les alcools de marque, les activités ou les excursions — est donc fixé par le contrat de chaque établissement.
La conséquence pratique est directe : deux séjours vendus sous le même mot peuvent ne pas couvrir les mêmes prestations. Le périmètre ne se déduit pas de l’étiquette, il se lit dans le descriptif contractuel, et c’est la liste des exclusions qui renseigne, pas celle des inclusions.
Le législateur européen traite d’ailleurs ce vocabulaire comme une dénomination commerciale, et non comme une catégorie technique. Le considérant 10 de la directive sur les voyages à forfait vise les services annoncés ou vendus sous une dénomination « indiquant un lien étroit entre les services de voyage concernés », et cite nommément, parmi les exemples, les termes « contrat combiné », « tout compris » ou « prestation tout-en-un ».
Vol et hôtel vendus ensemble : le régime du forfait
La directive (UE) 2015/2302 du 25 novembre 2015 relative aux voyages à forfait définit à son article 3 le forfait comme « la combinaison d’au moins deux types différents de services de voyage aux fins du même voyage ou séjour de vacances », dès lors que ces services sont combinés par un seul professionnel avant la conclusion d’un contrat unique. Un vol associé à un hébergement, acheté en une seule opération, entre dans cette définition. Les États membres appliquent ces règles depuis le 1er juillet 2018 (article 28).
Trois conséquences méritent d’être connues avant de réserver.
1. L’organisateur répond de tout ce qu’il a vendu. L’article 13 prévoit que « l’organisateur soit responsable de l’exécution des services de voyage compris dans le contrat de voyage à forfait, indépendamment du fait que ces services doivent être exécutés par lui-même ou par d’autres prestataires de services de voyage ». L’acheteur n’a donc pas à se retourner séparément contre la compagnie aérienne et contre l’hôtel.
2. Une annulation reste possible sans frais dans un cas précis. L’article 12, paragraphe 2, dispose que « le voyageur a le droit de résilier le contrat de voyage à forfait avant le début du forfait sans payer de frais de résiliation si des circonstances exceptionnelles et inévitables, survenant au lieu de destination ou à proximité immédiate de celui-ci, ont des conséquences importantes sur l’exécution du forfait ou sur le transport des passagers vers le lieu de destination ». Le texte précise que le voyageur a alors droit au « remboursement intégral des paiements effectués au titre du forfait mais pas à un dédommagement supplémentaire ».
Le considérant 31 illustre ces circonstances par « des catastrophes naturelles telles que des inondations, des tremblements de terre ou des conditions météorologiques rendant impossible un déplacement en toute sécurité vers le lieu de destination ». Sur une île volcanique, cette mention n’est pas théorique : elle a trouvé son application en février 2025 (voir plus bas).
3. Hors de ce cas, une annulation se paie. L’article 12, paragraphe 1, autorise la résiliation à tout moment, mais moyennant « des frais de résiliation appropriés et justifiables », que l’organisateur doit justifier à la demande du voyageur.
Ce qui n’est pas un forfait. Un vol et un hôtel réservés séparément, auprès de deux professionnels différents et par deux opérations distinctes, ne constituent pas un forfait — et n’ouvrent donc aucun des droits ci-dessus. L’écart de protection entre les deux modes d’achat est réel, alors que le résultat visible pour l’acheteur (un vol, un hôtel) est identique.
Des vols directs, mais pas toute l’année
L’aéroport de Santorin (code JTR) publie ses statistiques de trafic. Le relevé mensuel 2025 comparé à 2024, mis en ligne par l’exploitant, permet de trancher une question que les pages de destination laissent ouverte : la desserte internationale de l’île est strictement saisonnière.
| Mois | 2025 | 2024 |
|---|---|---|
| Janvier | 0 | 0 |
| Février | 0 | 0 |
| Mars | 903 | 2 298 |
| Août | 325 396 | 350 903 |
| Décembre | 12 | 9 |
Le constat est net : en janvier et en février, l’aéroport n’a enregistré aucun passager international, ni en 2024 ni en 2025. Le trafic international se concentre de mai à octobre et s’effondre le reste de l’année. Hors saison, rejoindre l’île depuis la France suppose une correspondance, le plus souvent par Athènes, qui est desservie toute l’année par les compagnies intérieures grecques.
Les liaisons directes depuis la France existent bien, mais elles sont annoncées comme saisonnières : Paris-Charles-de-Gaulle chez Air France ; Paris-Orly, Lyon et Nantes chez Transavia ; Marseille chez Volotea. Les dates d’ouverture et de fermeture de ces lignes changent d’une saison à l’autre et ne sont pas reproduites ici : elles se vérifient au moment de réserver, auprès de la compagnie.
Sur l’année entière, le relevé de l’exploitant donne 2 418 219 passagers en 2025 contre 2 877 122 en 2024, soit un recul de 16,0 %. Le document précise que ces données sont provisoires et susceptibles d’être révisées.
Février 2025 : l’essaim sismique, et comment il s’est éteint
L’article dont cette page est la reprise a été publié en septembre 2023. Entre-temps, l’événement le plus important pour un voyageur s’est produit.
Une interrogation du catalogue sismique de l’United States Geological Survey sur la zone comprise entre 36,0° et 37,2° de latitude nord et 25,0° et 26,3° de longitude est, du 15 janvier au 15 mars 2025, rend 353 séismes de magnitude 4 ou plus. Les deux plus fortes secousses atteignent la magnitude 5,3, le 4 février 2025 à 21 km au nord-est de Fira et le 10 février 2025 à 26 km au sud-ouest d’Amorgos.
La séquence est brève et intense : un premier événement le 25 janvier, puis une montée à partir du 1er février, un maximum de 47 séismes de magnitude 4 ou plus pour la seule journée du 5 février, une décrue après le 12 février, et une extinction à la fin du mois — un dernier événement de cette magnitude le 1er mars. Les autorités grecques ont déclaré l’état d’urgence sur l’île, décision rapportée le 6 février 2025 par Le Monde, France 24, Ouest-France et CNews.
L’origine a été établie après coup : une étude publiée dans Science le 20 novembre 2025 (Lomax, Anagnostou, Karakostas, Hicks et Papadimitriou, vol. 390, no 6775) l’attribue à l’intrusion d’un dyke magmatique en profondeur, ayant déclenché la sismicité observée.
La crise est close. Le catalogue sismique ne montre plus d’activité comparable depuis mars 2025, et le trafic aérien a repris. Ce qui reste utile de cet épisode, ce n’est pas une alarme : c’est qu’il a rendu concret l’article 12 de la directive cité plus haut. Un acheteur détenteur d’un forfait pour une destination frappée par un événement de cette nature dispose d’un droit de résiliation sans frais — droit qui n’existe pas si le vol et l’hôtel ont été achetés séparément.
La géographie de l’île décide du lieu de séjour
Santorin est le vestige d’un effondrement volcanique. La côte intérieure, tournée vers la caldeira, est un à-pic de plus de 300 mètres à son point le plus haut, et les principaux villages — Fira, Imerovigli, Oia — sont perchés sur la crête. Le terrain redescend ensuite en pente douce vers le pourtour extérieur, où se trouvent les plages.
Il en résulte un arbitrage que l’étiquette « all inclusive » ne résout pas : on ne loge pas à la fois sur la caldeira et au bord d’une plage. Les deux se trouvent sur des versants opposés de l’île. Un hébergement choisi pour la vue sur la caldeira impose un trajet pour se baigner ; un hébergement choisi pour la plage impose un trajet pour le point de vue. Recommander les deux dans la même phrase, comme le faisait la rédaction initiale, revient à proposer deux séjours différents sous un seul.
La couleur des plages dépend de la couche géologique affleurante : l’île compte des plages de sable ou de galets issus de laves solidifiées de teintes différentes, dont la Plage Rouge, la Plage Noire et la Plage Blanche. Un détail rarement mentionné et pourtant vérifiable : l’eau des plages sombres est sensiblement plus chaude, la lave se comportant comme un absorbeur de chaleur.
L’île appartient à un ensemble volcanique comprenant aussi Thirasia, Aspronisi, Palea Kameni et Nea Kameni — ce dernier îlot, au centre de la caldeira, étant celui que desservent les excursions en bateau. L’éruption dite minoenne, il y a environ 3 600 ans, a creusé la caldeira actuelle et enseveli le site d’Akrotiri, fouillé depuis 1967 sous la direction de Spyridon Marinatos, où des murs subsistent sur près de huit mètres.
Ce que cette page ne dit pas, et pourquoi
Plusieurs éléments qu’on attendrait dans un article de ce type n’y figurent pas, faute d’avoir pu être établis auprès d’un émetteur au 3 septembre 2026 :
- Aucun prix, ni de vol, ni de nuitée, ni de forfait. Ces valeurs varient par saison et par date de réservation ; un montant publié ici serait faux avant d’être lu.
- Aucun nom d’hôtel et aucun décompte des établissements proposant l’« all inclusive » sur l’île. Aucun émetteur permettant ce décompte n’a été trouvé au cours de cette vérification, la formule de restauration ne faisant l’objet d’aucun classement officiel connu de nous ; le texte de 2023 affirmait pourtant que l’île en « regorge ».
- Aucun calendrier d’ouverture des lignes saisonnières. Il change chaque année et relève de chaque compagnie.
- Aucune consigne de sécurité sismique. Ce sujet relève de la protection civile grecque, pas d’un blog.
Origine des éléments ci-dessus, et date du relevé. Page mise en ligne le 23 septembre 2023 ; contenu repris, vérifié et réécrit le 3 septembre 2026. Les affirmations non rattachables à un émetteur identifié ont été retirées plutôt que reformulées.
- Régime du forfait : directive (UE) 2015/2302 du 25 novembre 2015, articles 3, 12, 13 et 28 et considérants 10 et 31, texte français lu sur EUR-Lex.
- Trafic aérien : statistiques de trafic de l’aéroport de Santorin, relevé mensuel 2025 comparé à 2024 (données annoncées comme provisoires par l’exploitant).
- Sismicité : catalogue public de l’United States Geological Survey, interrogé sur la fenêtre et l’emprise précisées dans le texte.
- Origine de l’essaim : The 2025 Santorini unrest unveiled: Rebounding magmatic dike intrusion with triggered seismicity, Science, vol. 390, no 6775, 20 novembre 2025.
Statut de cette page : publication éditoriale indépendante. Aucune prestation n’y est mise en vente, aucun partenariat commercial n’est en jeu, et le rappel de droit ci-dessus ne dispense pas de lire le contrat que remet le professionnel.
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